On y arrive...
    Je n'ai pas écrit grand-chose depuis quelque temps, désolé.
   Ici rien n'a jamais été aussi vert, aussi ensoleillé. Et c'est bien connu, le temps qu'il fait conditionne le moral, qu'on le veuille ou non. les sourires fleurissent. Les contrariétés multiples et diverses restent moins longtemps à l'esprit. Les oiseaux donnent de la voix à n'en plus finir, et la fenêtre ouverte, on s'allongerait bien, les yeux fermés, juste pour les écouter.
   L'image de la Suède de ces six derniers mois s'étiole, s'estompe; encore neuf jours ici, pas un de plus.  Ensuite, la France s'annonce avec des retrouvailles multiples, où je vais raconter vingt fois de suite ces six mois; et puis meme vingt et une, si je peux.
    Le fait de se retrouver en terrain connu va tout changer d'un coup; mais pourtant, on se demande si tout sera pareil qu'avant. La réponse est surement oui; on ne change jamais, on joue juste parfois un autre rôle. Ici, j'étais l'étranger de service, carnet d'adresses et appareil photo à la main, faisant semblant de tout comprendre à ce que les suèdois me racontaient (meme si parfois c'était douteux), prêt à rencontrer n'importe qui n'importe quand, juste pour vérifier si effectivement, du cercle polaire a Perpignan, on est tous pareils, quoiqu'on y fasse.
   En  France, je serai juste français.  Rien de plus ou de moins qu'un autre. Je ne sais plus qui m'a raconté que le français qui part en Suède modifie tout de même la vision qu'il a de lui-même.Avant (et pendant), il est adepte des horripilantes phrases en "moi je" à tire-larigot, et intéressé uniquement par son nombril, montré à tous les passants (j'ai des illustrations parfaites sous la main; mais ici, c'est pas Paris-Match). Le mode de pensée suèdois fait que parfois il se reconsidère comme un parmi d'autres, et qu'il n'a finalement rien de plus.  Il est juste différent.
   
Je ne sais absolument pas si c'est vrai.
    En tout cas j'ai rencontré ici vraiment pas mal de gens géniaux, surprenants, drôles, incroyables, bizarres, imprévisibles, pathétiques, stéréotypés, ouverts, amicaux, très jolies(...), énergiques, accueillants, antipathiques, gentils à l'extrême. Aucun ne me ressemblait, et c'est tant mieux.