04 juillet 2005

J-9

  On y arrive...
    Je n'ai pas écrit grand-chose depuis quelque temps, désolé.
   Ici rien n'a jamais été aussi vert, aussi ensoleillé. Et c'est bien connu, le temps qu'il fait conditionne le moral, qu'on le veuille ou non. les sourires fleurissent. Les contrariétés multiples et diverses restent moins longtemps à l'esprit. Les oiseaux donnent de la voix à n'en plus finir, et la fenêtre ouverte, on s'allongerait bien, les yeux fermés, juste pour les écouter.
   L'image de la Suède de ces six derniers mois s'étiole, s'estompe; encore neuf jours ici, pas un de plus.  Ensuite, la France s'annonce avec des retrouvailles multiples, où je vais raconter vingt fois de suite ces six mois; et puis meme vingt et une, si je peux.
    Le fait de se retrouver en terrain connu va tout changer d'un coup; mais pourtant, on se demande si tout sera pareil qu'avant. La réponse est surement oui; on ne change jamais, on joue juste parfois un autre rôle. Ici, j'étais l'étranger de service, carnet d'adresses et appareil photo à la main, faisant semblant de tout comprendre à ce que les suèdois me racontaient (meme si parfois c'était douteux), prêt à rencontrer n'importe qui n'importe quand, juste pour vérifier si effectivement, du cercle polaire a Perpignan, on est tous pareils, quoiqu'on y fasse.
   En  France, je serai juste français.  Rien de plus ou de moins qu'un autre. Je ne sais plus qui m'a raconté que le français qui part en Suède modifie tout de même la vision qu'il a de lui-même.Avant (et pendant), il est adepte des horripilantes phrases en "moi je" à tire-larigot, et intéressé uniquement par son nombril, montré à tous les passants (j'ai des illustrations parfaites sous la main; mais ici, c'est pas Paris-Match). Le mode de pensée suèdois fait que parfois il se reconsidère comme un parmi d'autres, et qu'il n'a finalement rien de plus.  Il est juste différent.
   
Je ne sais absolument pas si c'est vrai.
    En tout cas j'ai rencontré ici vraiment pas mal de gens géniaux, surprenants, drôles, incroyables, bizarres, imprévisibles, pathétiques, stéréotypés, ouverts, amicaux, très jolies(...), énergiques, accueillants, antipathiques, gentils à l'extrême. Aucun ne me ressemblait, et c'est tant mieux.

   

Posté par Nikkko à 18:23 - Commentaires [6] - Permalien [#]


Commentaires sur J-9

    Oh que oui alors... c'est tout de même incroyable qu'il y ait comme ça un sentiment commun, partagé par des tas d'erasmus, qui ne se connaissent pas, ne sont même pas allés dans les mêmes villes, mais on la même impression d'une parenthèse, qu'on ne mesure pas, qu'on ne compare pas. Quand on te demande "Alors la Suède, c'était comment?", tu t'entends répondre:
    "Oui, c'était bien".
    Et c'est tout. Tout le reste, on ne peut que se le garder pour soi.
    Merci Stef.

    Posté par Nikkko, 08 août 2005 à 22:41 | | Répondre
  • Erasmus

    Salut,
    Je suis en deuxième année de Sciences Economiques et je prévois d'aller étudier en Suède à l'université d'Uppsala l'année prochaine.
    Si tu as le temps j'aimerais bien te poser 2/3 questions; je te laisse mon mail : tparrique@gmail.com
    merci

    Posté par Timothée, 16 novembre 2008 à 22:54 | | Répondre
  • Bon courage pour le retour...

    Posté par Olivier, 04 juillet 2005 à 22:05 | | Répondre
  • Merci merci...
    Ce blog n'est pas fini, il y aura encore un ou deux messages avant le 13. Ensuite... je m'arrêterai là, parce que mon avis sur autre chose que la Suède n'intéresse peut-être pas grand monde.
    Enfin, on ne sait jamais de quoi demain sera fait... heureusement d'ailleurs, sinon je ne vois pas l'intérêt de se lever le matin, et d'affronter quotidiennement le monde à mains nues.
    Voire.

    Posté par Nikkko, 04 juillet 2005 à 23:49 | | Répondre
  • Bon retour Nikko !!!

    Posté par Ally, 10 juillet 2005 à 17:46 | | Répondre
  • retour en France

    Bonjour Nikko.
    On ne se connaît pas, je suis tombée sur ton blog via le blog de ta copine Erasmus française, que j'ai trouvé je ne sais déjà plus comment. Par hasard, quoi. A peine avoir ouvert ta page, qui deviendra bientôt un bref chapitre de ta vie, et je me rend compte que, bizarement, et en fait pas si bizarement que ça, nous avons vécu la même chose. La Suède, les suédois, le froid, les rencontres (ô tant de rencontres...), le dernier trip au Cap Nord pour s'imprégner une dernière fois de paysages magnifiques remplis de rennes et de neige avant de repartir vers des terrains déjà conquis... Oui, tout cela je l'ai vécu (j'ai d'ailleurs presque les mêmes photos de Norvège :p), et je peux te dire que, malgré le "reverse cultural choc" (choc culturel inversé si tu préfères), on se fait une raison. Car tu parles de ton retour, et comme tu l'as dit, nos pays sont différents, mais on est changé de l'intérieur, et, s'il fait étonnament tropical en France à ton retour alors que 15°C là-bas semblaient déjà satisfaire à ton confort, il faut se dire que retourner en arrière ne sert à rien. Car quelques mois passés en Erasmus en Suède sont uniques. Tu auras beau en parler des heures et des heures, montrer tes centaines de photos, tu te rendras vite compte que ton expérience ne compte pas autant pour tes parents ou tes amis, et que les photos et anecdotes de tes amis qui sont eux-mêmes partis en Espagne, en Italie ou en Irlande ne seront en rien égales ou même à la hauteur de ce que tu as vécu. Mais je te laisse à tes derniers instants. Profite, ami Erasmus!

    Posté par Stef, 23 juillet 2005 à 23:56 | | Répondre
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