21 février 2006
Et renaissance?
Sept mois que je suis rentré. Sept mois que je n'ai pas parlé Suèdois. Deux ou trois mails échangés avec les anciens colocataires, bonjour comment ca va, en veux-tu en voilà. Voici qu'arrive une invitation en filigrane pour Sista April cette année, pour un aller-retour en deux jours seulement vers la Suède; Ca laisserait très certainement un goût trop fort d'inachevé.
Hier, une rencontre un peu inattendue: voilà qu'une jeune et jolie fille, l'accent suèdois très prononcé, m'aborde pour un renseignement. Elle a l'air toute fraîchement débarquée à Lyon, à la suite d'un obscur programme Erasmus. Je m'apercois que je suis incapable d'aligner trois phrases dans la langue avec laquelle j'étais si content de pouvoir enfin communiquer, a la fin du printemps dernier. Un peu triste sur le coup, j'ai du mal à le cacher.
Une peau de chagrin s'envole
Il nous reste les souvenirs
Scandinaves et rieurs.
07 juillet 2005
Fin
Heureux qui, comme Ulysse
A fait un long voyage
Heureux qui, comme Ulysse
A vu cent paysages
Et puis a retrouvé,
Après maintes traversées
Le pays des vertes années
Par un petit matin d'été
Quand le soleil vous chante au coeur
Qu'elle est belle la liberté
La liberté
Quand on est mieux ici qu'ailleurs
Quand un ami fait le bonheur
Qu'elle est belle la liberté
La liberté...
04 juillet 2005
J-9
On y arrive...
Je n'ai pas écrit grand-chose depuis quelque temps, désolé.
Ici rien n'a jamais été aussi vert, aussi ensoleillé. Et c'est bien connu, le temps qu'il fait conditionne le moral, qu'on le veuille ou non. les sourires fleurissent. Les contrariétés multiples et diverses restent moins longtemps à l'esprit. Les oiseaux donnent de la voix à n'en plus finir, et la fenêtre ouverte, on s'allongerait bien, les yeux fermés, juste pour les écouter.
L'image de la Suède de ces six derniers mois s'étiole, s'estompe; encore neuf jours ici, pas un de plus. Ensuite, la France s'annonce avec des retrouvailles multiples, où je vais raconter vingt fois de suite ces six mois; et puis meme vingt et une, si je peux.
Le fait de se retrouver en terrain connu va tout changer d'un coup; mais pourtant, on se demande si tout sera pareil qu'avant. La réponse est surement oui; on ne change jamais, on joue juste parfois un autre rôle. Ici, j'étais l'étranger de service, carnet d'adresses et appareil photo à la main, faisant semblant de tout comprendre à ce que les suèdois me racontaient (meme si parfois c'était douteux), prêt à rencontrer n'importe qui n'importe quand, juste pour vérifier si effectivement, du cercle polaire a Perpignan, on est tous pareils, quoiqu'on y fasse.
En France, je serai juste français. Rien de plus ou de moins qu'un autre. Je ne sais plus qui m'a raconté que le français qui part en Suède modifie tout de même la vision qu'il a de lui-même.Avant (et pendant), il est adepte des horripilantes phrases en "moi je" à tire-larigot, et intéressé uniquement par son nombril, montré à tous les passants (j'ai des illustrations parfaites sous la main; mais ici, c'est pas Paris-Match). Le mode de pensée suèdois fait que parfois il se reconsidère comme un parmi d'autres, et qu'il n'a finalement rien de plus. Il est juste différent.
Je ne sais absolument pas si c'est vrai.
En tout cas j'ai rencontré ici vraiment pas mal de gens géniaux, surprenants, drôles, incroyables, bizarres, imprévisibles, pathétiques, stéréotypés, ouverts, amicaux, très jolies(...), énergiques, accueillants, antipathiques, gentils à l'extrême. Aucun ne me ressemblait, et c'est tant mieux.
24 juin 2005
Sunrise, sunrise, looks like morning in your eyes
"Nuit" du 22 juin au 23 juin, quasiment le solstice d'été.
Comme tout le monde le sait, c'est donc le jour le plus long de
l'année; Ce qu'on oublie, c'est que c'est aussi la nuit la plus courte
(vive les lapalissades).
Ici, il n'y a plus vraiment de nuit à proprement parler; les astronomes sont au chômage technique.
Voici donc quelques photos prises du coté de ma résidence, pas
forcément exceptionnelles mais montrant juste la lumière perçue au
coeur de la nuit lorsqu'on a le malheur de passer une nuit d'insomnie a
contempler le ciel. J'attends juste la France pour enfin revoir les étoiles.
22H00
22H30
1H00
3H00:le soleil se lève...
23 juin 2005
Senja Island, Norway (69°17′ N 17°2′ E)
L'Île de Senja, en mer de Norvège, est située environ 500 km au nord du cercle polaire, un peu moins connue que les îles Lofoten (pour des raisons qui m'échappent).

Donc, c'est LA.

Sur le voyage, les contreforts montagneux de la Norvège arrivent très vite. La neige également, et plusieurs lacs essaimés donnent l'envie de s'arrêter a chaque tournant. En fait, nous nous arrêtons effectivement très souvent, à cause des rennes présents sur la route, et qui ne semblent absolument pas nous prêter attention.
En Laponie, aucun renne n'est vraiment en liberté: ils sont tous sous le contrôle d'un Sàpmi (prononcer Sami), nom des habitants de la Laponie. Il y aurait beaucoup à dire sur eux: c'est vraiment un peuple à part entière, avec une autonomie, une langue, des traditions, bref une identité. Des tonnes de choses à lire à leur sujet, notamment le Voyage en Laponie de Regnard qu'également je piaffe d'impatience de parcourir... Les rennes, donc, un peu plus petits qu'une biche, ne sont absolument pas effarouchés par les voitures; Il faut dire que le coin est plutôt calme (doux euphémisme...). Nous poursuivons notre route vers les sommets, nous approchant de la frontière Norvègienne.
(Cliquez sur les images pour les agrandir).
Nous passons enfin la frontière Norvégienne et la chaîne de montagnes par la même occasion. Moins de neige, nous débarquons dans un paysage beaucoup plus typique, avec verdure et très grands lacs.
Chemin faisant, nous arrivons enfin a l'ile de Senja, après quelque 5 heures de route. L'île est connue en Norvège pour etre une île de pêcheurs, dans cette mer de Norvège où l'imagination voit déjà les saumons qui frétillent. Nous sommes d'ailleurs logés dans une cabane de pêcheurs, à Gryllefjord. L'accueil est exceptionnel, et notre hôte nous invite même à prendre la barque pour visiter le fjord, le lendemain matin. Ce que nous ferons bien sûr. Pour le soir, le but est la visite de l'île et le soleil de minuit. Les photos suivantes ont donc été prises aux alentours de minuit, dans la nuit du vendredi au samedi. Le soleil ne s'est pas couché, je ne triche même pas en augmentant la luminosité. Non, non, non. (cliquez pour avoir les photos en plus grand).
Il est 23h50, le soleil est encore bien vigoureux derrière son fin cortège de nuages.
La baignade dans cette eau, environ a 4 degrés selon mes estimations plantaires, s'avère très douloureuse... l'eau très peu salée indique que les glaciers ne sont peut être pas loin...
Enfin, un montage photo offrant un panorama du soleil de minuit, vu (selon mes souvenirs) de Mefjordvaer (voir carte). Aucune photo n'a été retouchée en luminosité ou en contraste. Au détriment de l'unité de la photo, j'ai préféré ne pas fausser la vraie luminosité globale qui régnait a ce moment là.

(Une version de plus grande taille est disponible ici: Senja.jpg
Les cimes enneigées sont maintenant voilées derrière un épais brouillard. Un retour dans la ville de Narvik (célèbre pour la bataille de l'eau lourde s'y étant déroulée en 1942) nous déçoit assez. Il n'y a rien à voir. Tant pis.
La prochaine note, si tout va bien, sera dédiée aux insomniaques des nuits trop lumineuses d'Uppsala, un soir de solstice. Parfois, le rouge va si bien, même aux nuages.
08 juin 2005
Teaser
J'arrive, j'arrive hein... plein de trucs a raconter, mais j'ai aussi énormément de boulot en ce moment...
Allez juste deux trois photos comme ca.
Vue du Fjord de l'Ile de Senja, Norvège, 500km au nord du cercle polaire, température de la mer: environ 4 degrés (mes jambes s'en souviennent).
Troupeau de rennes en liberté sur le bord de la route
Soleil de minuit sur l'Ile de Senja.
Si avec ca vous n'avez pas envie de voir la prochaine note, malheureusement je ne peux plus rien faire pour vous.
A bientot....
27 mai 2005
Au théâtre ce soir.
Un petit message alimentaire.
A priori je partirai vendredi
soir, direction encore une fois le nord du cercle polaire... avion jusqu'à
Kiruna (deuxième), pour arriver à Narvik (Norvège) et ses environs
peuplés de fjords, de neige (encore), de trolls, de lacs, de montagnes,
et de soleil de minuit ne se couchant pas sur la mer de Barents.
Il y a certaines choses qui parfois donnent du sens a tout ce qu'on
fait. Je comprends pourquoi je suis venu en Suède. Pour voir tout ce
que j'ai vu en photo dans les livres, l'imprimer dans ma tête et ne
plus jamais l'effacer.
Avant tout ca, au travail... la semaine
prochaine est chargée, je vais passer un week end pas terrible, enfermé
a bosser très certainement.
Même pas mal d'abord.
25 mai 2005
I like mornings
7h10 ce matin, je sors de l'appartement. Le soleil est déjà bien haut, et pour tout dire la température également; il fait jour depuis un peu plus de trois heures.
Arrivée au labo, un peu en avance pour contrôler la manip qui a tourné toute la nuit, et pouvoir aller en cours ensuite. Peu de gens sont là, quelques uns traînent sur les tables avec un thé, repensant peut être à tout ce qu'ils pourraient faire de leur si longue journée.
Arrivée en cours, l'ambiance est silencieuse, comme si on avait peur de réveiller quelqu'un. On s'installe dans le calme. Le professeur, arrive, et tire doucement de la torpeur tous ceux qui se sont levés pour l'écouter. Doucement, doucement, jusqu'à en bercer certains.
La pause de neuf heures. Un Suèdois entame son cornet glacé en guise de petit déjeuner, un Allemand fait de même avec un sandwich. mon voisin, Suèdois également, m'explique qu'il a passé deux ans à Kinshasa avant d'atterrir à nouveau ici. Au Zaïre, la langue administrative est le Francais, je ne peux que le féliciter pour son accent impeccable.
Dernière heure de cours pour cette matière. Inflation de l'univers, rayonnement cosmologique, je décroche at last. Dix heures, fin du cours, le professeur, américain, recoit une salve d'applaudissements.
En sortant de la salle, un Australien et un Albanais continuent de discuter houleusement au sujet du cours. Je me dirige vers le labo. A 12h, aller dire au revoir à une Lettone qui quitte la Suède aujourd'hui.
Un début de journée cosmopolite. On est si loin de la France...
23 mai 2005
Episod III: Mördrets Hämnd
C'est pas la peine de vous traduire. Et promis c'est la dernière fois que je me la joue style "je donne mon avis sur tous les films que je vois", il parait que ca fait suffisant. Et puis ce sera court.
Star Wars, on y trouve ce qu'on est venu y trouver, c'est à dire du spectacle, jusqu'à l'éblouissement. On est captivés, et s'il y avait une horloge, on serait sidérés du fait qu'on ne trouve meme pas long un combat au sabre qui doit bien faire son petit quart d'heure (Godart où es tu?).
Ce film a un cahier des charges. Il doit faire un lien entre deux histoires existantes. Et pour cela, il utilise jusqu'à la moelle la mythologie fondée sur le terreau des anciens épisodes. Tout y passe, et on en redemande. Je ne pense pas que ce soit dévoiler le film que de dire, comme on s'en doute, que la dernière image est celle des deux lunes se levant sur la planète Tatooine. Parmi les images les plus marquantes de la première trilogie. Brrrrrr. On sort de la salle comme on débarque d'une autre planète.
Voila, c'est tout. Le reste peut etre moyen, on s'en fiche, on n'est pas venus pour de la psychologie ou du jeu d'acteurs (heureusement). On ira voir autre chose pour ca. C'est beau, et c'est tout. C'est un mythe, il est conclu de main de maître.
18 mai 2005
Moi... jé t'offriré, des pérlé dé ploui...
Teodoro, c'est un de mes colocs. Il est d'origine péruvienne, mais en Suède depuis 5 ans. Vraiment marrant. Celui avec qui je parle le plus en Suèdois, parce qu'il ne parle pas vraiment anglais, et l'Espagnol je ne cautionne pas trop...on fait ce qu'on peut.
Ce soir, il me voit dans la cuisine et me lance (euh, je traduis en Francais hein...) "faut que je te montre quelque chose, surtout bouge pas!"
Il revient le sourire aux lèvres et une cassette audio a la main. "C'est de la salsa française", qu'il me dit; "tu vas voir c'est super bien". Il est fan de salsa, en écoute à longueur de journée d'ailleurs. Poliment, j'attends qu'il me fasse écouter.
Il ouvre le magnétophone de la cuisine, que je n'ai jamais vu en état de fonctionnement a dire vrai (ben.. vous avez beaucoup de cassettes audio, vous? moi non). 10 secondes d'attente, et là...
Enorme éclat de rire. C'était la reprise de "Ne me quitte pas" de Brel (faut il le préciser) par Yuri Buenaventura (j'ai eu du mal à retrouver le nom). De la salsa française donc... "c'est joyeux, c'est entrainant, j'adore!" qu'il me dit... là gros dilemme: comment je lui explique que c'est vraiment pas le style de la chanson originale? Au final, vu sous cet oeil là, la reprise m'a paru un instant meilleure... parce que meme sans comprendre un traître mot, il a aimé; de la musique, du direct, qui met de bonne humeur et qui n'est pas si mauvais que ca, du tout.
(tout en entamant deux trois pas de danse)"Mais, ca veut dire quoi en fait les paroles de la chanson?"
Sâ, sângen heter "Ne me quitte pas", och det betyder "Läna inte mig"... "jaha!!! Né mé quitté pâ"
(En fait, le titre de la chanson, c'est "Ne me quitte pas", et ca veut dire.... après....
Plus jamais j'essaierai de traduire des paroles de Brel en suèdois.
